lundi 10 août 2009

1806 Le catéchisme impérial

Napoléon dira lui-même qu'il ne voit pas "dans la religion le mystère de l'incarnation, mais le mystère de l'ordre social."

Jean Etienne Marie Portalis, directeur des cultes demande à son propre neveu l’abbé d'Astros, (jeune chanoine et vicaire général de Notre Dame de Paris), la rédaction d'un "catéchisme impérial" qui sera achevé en 1803. L’empereur décide alors de donner un seul catéchisme à toutes les Églises catholiques de l’Empire français. Le catéchisme impérial disparaît avec la chute de Napoléon en 1814.

La leçon 7 sur les devoirs des sujets vis-à-vis de l’empereur et de sa famille restera unique dans l’histoire du catéchisme car elle sacralise la fusion du politique et du religieux.
EXTRAIT DU CATECHISME IMPERIAL DE 1806
Leçon 7 : "Chapitre concernant les devoirs des sujets"

Demande : -
Quels sont les devoirs des chrétiens à l'égard des princes qui les gouvernent et quels sont, en particulier, nos devoirs envers Napoléon premier, notre Empereur ?
Réponse : - Les chrétiens doivent aux princes qui les gouvernent, et nous devons, en particulier, à notre Empereur l'amour, le respect, l'obéissance, la fidélité, le service militaire, les tributs ordonnés pour la conservation et la défense de l'Empire et de son trône; nous lui devons encore des prières ferventes pour son salut et pour la prospérité spirituelle et temporelle de l'État.

D : -
Pourquoi sommes-nous tenus de tous ces devoirs envers notre Empereur?
R : - C'est premièrement parce que Dieu qui crée les empires et les distribue selon sa volonté, en comblant notre Empereur de dons, soit dans la paix, soit dans la guerre, l'a établi notre souverain, l'a rendu le ministre de sa puissance et son image sur la terre. Honorer et servir notre Empereur est donc honorer et servir Dieu même. Secondement, parce que Notre Seigneur Jésus-Christ, tant par sa doctrine que par son exemple, nous a enseigné lui-même ce que nous devons à notre souverain ; il est né en obéissant à César Auguste ; il a payé l'impôt prescrit ; et de même qu'il a ordonné de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, il a aussi ordonné de rendre à César ce qui appartient à César.

D : -
N'y a-t-il pas des motifs particuliers qui doivent plus fortement nous attacher à Napoléon premier, notre Empereur ?
R : - Oui, car il est celui que Dieu a suscité dans les circonstances difficiles pour rétablir le culte public de la religion sainte de nos pères et pour en être le protecteur. Il a ramené et conservé l'ordre public par sa sagesse profonde et active ; il défend l'État par son bras puissant ; il est devenu l'oint du Seigneur par la consécration qu'il a reçue du Souverain Pontife, chef de l'Église universelle.

D : -
Que doit-on penser de ceux qui manquent à leurs devoirs envers notre Empereur ?
R : - Selon l'apôtre saint Paul, ils résisteraient à l'ordre établi de Dieu même et se rendraient dignes de la damnation éternelle.

D : -
Les devoirs envers notre Empereur nous lient-ils également envers ses successeurs ?
R : - Oui, sans doute, car nous lisons dans la Sainte-Écriture que Dieu, Seigneur du ciel et de la terre, par une disposition de sa volonté suprême et par sa providence, donne les empires, non seulement à une personne en particulier, mais aussi à sa famille.
Cette septième leçon s’appuie notamment sur la lettre de Saint Paul aux romains 13,1-2. "Que toute vie se soumette aux autorités qui la dépasse. Car il n'est pas d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent, c'est Dieu qui les a établies. Aussi, qui se dresse contre l'autorité se dresse contre l'ordre instauré par Dieu (...)".